Lao Caï et Bac Hà

Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations selon N. Bouvier. C’est certainement la raison pour laquelle je n’ai pas vu le temps passer depuis mon arrivée au Vietnam…

Le 30 octobre, j’ai repris le train vers Hekou, la dernière ville en Chine. À la gare de Jienshui et pour la première fois de mon voyage, j’ai constaté une plus forte présence des policiers. J’en ai vu partout depuis mon arrivée en Chine, mais toujours nonchalants, indifférents, voire sympathiques. Ici rien de tel, casqués, bardés de leur attirail guerrier et campés bien droit sur leurs jambes, ils dévisagent les voyageurs de façon très peu amène. Tous les Chinois doivent présenter leur pièce d’identité dès qu’ils se déplacent hors d’une ville. C’est vrai à l’achat du billet de train ou de bus et lors de l’entrée dans la gare. Aujourd’hui, l’un d’eux semble ne pas avoir un document conforme, il est emmené au bureau de police par le Rambo local. Je le verrai en ressortir quelques minutes plus tard sans avoir été inquiété. Dans la salle d’attente, un jeune gradé, casquette en érection sur la tête, vient me demander mon passeport alors que j’ai déjà passé le contrôle. Rien d’inquiétant, mais une attitude que je n’avais pas vu jusqu’ici. Peut-être est-ce dû aux nombreuses ethnies qui habitent la région et qui représentent toujours une menace pour le pouvoir central, au même titre que le Tibet.

Le passage de la frontière a été relativement simple malgré une certaine confusion que j’ai provoquée. Comme les Français n’ont plus besoin de visa pour un séjour de deux semaines au Vietnam, je n’ai pas demandé de visa à Kunming comme j’avais prévu de le faire. Je me suis donc présenté au poste-frontière chinois en présentant mon passeport canadien avec lequel j’ai obtenu mon visa chinois et mon passeport français pour justifier mon entrée au Vietnam. Comme la situation était inusitée, le douanier a fait appel à ses collègues et il s’en est suivi une longue discussion entre eux. Finalement, l’intellectuel du groupe (il portait des lunettes et parlait quelques mots d’anglais) a tranché en ma faveur. Me voilà donc sorti de Chine. Je franchis la centaine de mètres qui me séparent du poste-frontière vietnamien à pied et sous la pluie. Aucun problème de ce côté-ci. Le temps d’apposer le tampon, me voilà au Vietnam!
Côté vietnamien, la ville de Lao Caï présente peu d’intérêt si ce n’est sa gare qui permet de continuer le voyage vers Hanoï.

Mais avant de poursuivre ma route, je vais explorer cette région montagneuse ou habitent plusieurs ethnies emblématiques du Vietnam. Je prends donc un bus vers le village de Bac Hà ou je vais passer quelques jours. Je vous épargne les détails sur le trajet de 2 heures 30 pour franchir les 80 km, dans un minibus bondé avec autant de marchandises à l’intérieur que sur le toit, la route étroite et sinueuse et les arrêts impromptus au milieu de nulle part.
Bac Hà est un gros bourg qui sort de sa torpeur grâce au tourisme qui commence à s’y développer. On y vient essentiellement pour son marché du dimanche qui voit descendre les habitants des villages voisins y vendre leurs produits. Je suis arrivé le samedi et, pour une raison obscure, il n’y avait pas d’électricité. L’approvisionnement semble difficile puisque cela est arrivé plusieurs autres fois dans la semaine. Il y a ici malgré tout une radio locale très active. Tous les matins à 6h00 puis le soir à la même heure, des haut-parleurs placés judicieusement dans le village se mettent à hurler les nouvelles, ponctuées de musique crachotante. Le réveil est raide, mais la méthode efficace: le village ne tarde pas à bourdonner d’activité dès 7 heures.
Le marché est très animé et coloré. On y retrouve les fruits, les légumes, les vêtements brodés à la main, les ustensiles de toutes sortes, mais aussi les bestiaux, buffles, cochons, chevaux, volailles, chiens… Une section est réservée aux restaurants de rue où l’on vient prendre un bol de soupe et partager un alcool de maïs. Comme j’ai déjeuné sur place, je n’ai pas tardé à m’en faire offrir par mes voisins de table. Papi était pompette, voire bourré à la fin du repas et j’ai du mal à imaginer comment il a pu remonter dans son village en moto avec Mamie derrière.
J’ai loué une moto le lendemain et je suis parti à la découverte de ces villages reliés par de petites routes qui grimpent à flanc de montagne au milieu des rizières en terrasses. Une superbe randonnée à laquelle mes photos ne rendent pas justice.

Bac Ha

2 commentaires :

  1. Il a l’air bien tendre!!

  2. L’a le regard profond, ton copain!! comme quoi faut se méfier du riz bouilli!

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