En partant d’Erenhot, je voulais aller à Datong avant de poursuivre vers Beijing. Malheureusement, aucun train ne s’y arrête, je dois donc prendre un bus. Ce sera le deuxième en quelque 10 000 kms parcourus. Mes premières impressions de la Chine que ce soit à Erenhot ou sur la route vers Datong sont loin des clichés habituels. Ni vision misérabiliste ni mégapoles surpeuplées ici. Je découvre une Chine moderne, à taille humaine où les traditions côtoient la modernité. Erenhot est une petite ville à l’échelle de la Chine (75000 habitants), mais elle semble très agréable à vivre. Le plus surprenant, ce sont tous les 2 et 3 roues qui circulent et qui sont tous électriques. Je ne vois aucune moto, aucun scooter à moteur à essence. Sur la route, je suis surpris par le nombre d’arbres plantés récemment le long des routes, mais aussi sur de grandes étendues. Je croise de nombreuses éoliennes ainsi que des champs immenses de panneaux solaires.
La Chine semble avoir pris le virage vert même si elle continue d’utiliser beaucoup de charbon pour sa production électrique.
En quittant la Mongolie intérieure, j’observe que beaucoup de ses habitants ont les traits mongols de leurs voisins du Nord. Les paysages changent peu à peu pour faire place à des collines verdoyantes, mais aussi à des mines de charbon dont la région de Datong regorge. Les camions de ce minerai encombrent les routes.
Datong est une ville moyenne de plus de 3 millions d’habitants qui n’a rien de remarquable, c’est une ville industrielle sans charme. Le centre historique est assez intéressant malgré tout, puisqu’il a été reconstruit dans sa forme primitive derrière des remparts imposants. Mais ce qui fait l’attrait de Datong ne se trouve pas dans la ville.
Elle est à proximité des grottes de Yungang, un site incroyable où des dizaines de grottes ont été creusées à même la falaise et à l’intérieur desquelles des milliers de bouddhas de toutes tailles et de toutes sortes ont été sculptés au Ve et VIe siècle. J’ai eu la chance d’y aller en compagnie d’un voyageur chinois parti plusieurs mois à travers la Chine et qui parlait anglais. Comme il s’inclinait devant presque chacune de ces sculptures en faisant les gestes appropriés, je lui ai demandé s’il était bouddhiste. Il m’a répondu que non en secouant vigoureusement la tête, pourtant j’ai quelques doutes. Est-ce une question encore tabou ici? Nous avons également visité ensemble le très récent Musée d’Art de Datong dont l’architecture est un véritable chef-d’oeuvre en soi même si la collection reste assez décevante et la muséographie plutôt banale.
À quelques dizaines de kilomètres de Datong, le monastère de Xuankongsi porte bien son nom puisqu’en chinois cela signifie: le temple suspendu dans les airs. Accroché aux flancs d’une falaise, il défie toutes les lois de construction! Il est composé de plusieurs temples reliés ensemble par des passerelles qui courent le long des parois de la gorge.

« Je découvre une Chine moderne, à taille humaine où les traditions côtoient la modernité. » C’est la phrase qui me fait plaisir. Briser les clichés: c’est ce qu’on recherche dans les voyages, non?
Bonjour !
Peux-tu me renseigner sur le bus de Erlian à Datong ? il est direct ou il faut s’arrêter à Ulanqab ? Combien de temps met il pour arriver à Datong ? Il y en a tous les jours ?
Merci 🙂
Bonjour Melany,
Autant que je me souvienne, il y avait des bus fréquemment. Je ne me rappelle pas si c’était tous les jours mais je sais que j’en ai eu un le lendemain de mon arrivée. Celui que j’ai pris était direct vers Datong. Mais cela reste à vérifier, il y a 3 ans de cela. C’est environ 7 à 8 heures de route. Dans tous les cas, ne t’inquiète pas, c’est bien desservi. Bonne route !