Beijing

Arrivé le dimanche 13 septembre au petit matin à la gare de Beijing xi, c’est-à-dire Beijing Ouest, le coup de foudre a été immédiat. Passé le brouhaha de la gare à 5 heures du matin, ma plus grande appréhension était d’être capable de me repérer dans cette ville immense où nos repères habituels n’ont plus cours. En fait, il n’en est rien. La première surprise dans le métro, mais aussi dans la rue: toutes les indications sont doublées en anglais. Une fois que l’on a compris la seule particularité du métro où il faut indiquer la station de destination (le tarif dépend de la distance entre le point de départ et celui d’arrivée), il est plus facile de se déplacer ici qu’à Moscou.
J’ai réservé un hostel dans un hutong, ces quartiers traditionnels de Pékin composés de maisons basses à cour carrées dans des ruelles étroites où les petits commerces foisonnent. Il est 7 heures du matin, un beau soleil se lève sur Pékin sans aucune trace de pollution!
En fait, ce n’est qu’un court répit. J’apprendrai plus tard que j’ai bénéficié de la paralysie de la ville à l’occasion des festivités du 3 septembre qui ont vu l’arrêt total des activités de la ville. En attendant, la lumière est superbe, la ville s’anime doucement et j’en profite pour me perdre dans le hutong environnant. Les pékinois sont souriants, déjà affairés à installer les étals pour la journée ou à préparer ces délicieuses crêpes épicées qu’ils servent dans la rue et qui font office de petit-déjeuner. Je passe la journée dans le hutong avant de partir vers la place Tiananmen en fin de journée. Comme je suis au nord de la cité interdite, j’en profite pour traverser le parc Jingshan où une belle surprise m’y attend. De nombreux Pékinois s’y donnent rendez-vous pour chanter en groupe. Je m’approche de l’une de ces chorales composées d’une trentaine de personnes, un accordéoniste, un joueur de ehru (sorte de violon traditionnel) et d’un chef de choeur. L’ambiance est joyeuse, empreinte de nostalgie et de bonne humeur. Un vieux monsieur parlant anglais vient m’expliquer qu’il s’agit d’une pratique courante. Les personnes d’un certain âge se réunissent pour chanter des  »chants rouges », ces chants révolutionnaires qui étaient leur seule distraction dans leur enfance. Ils viennent ici et dans d’autres parcs de la ville pour se souvenir de leur enfance. Le parc en est rempli et cela donne une joyeuse cacophonie tant les groupes sont proches les uns des autres. Mais l’ambiance est festive!
Au milieu du parc se dresse une colline sur laquelle est érigé un temple. C’est l’occasion d’aller admirer le coucher du soleil sur la cité interdite. Il semble que ce soit là aussi un rendez-vous dominical très prisé tant la foule est compacte sur les marches du temple! Mais la vue vaut le coup d’oeil.
Plus tard, place Tiananmen, le seul souvenir des émeutes de 1989 semble résider dans la sécurité omniprésente et qui contrôle tous les accès. Les touristes chinois s’y pressent pour se faire photographier et se selfériser sous tous les angles devant le portrait de Mao. Le temps de la révolte semble si loin! Les soldats sont si jeunes qu’ils n’étaient probablement pas nés en 89! Quels souvenirs en gardent les Chinois? Je ne le saurai pas aujourd’hui tant ils sont peu loquaces quand vient le temps de parler politique…et je les comprends.
Beijing

3 commentaires :

  1. J’aime particulièrement la photographie des jeunes chinois regardant à l’intérieur de ce qui semble être un restaurant. Mais je vois que tu manges de délicieux raviolis en te contentant de photographier les brochettes de scorpions et de gros vers à palmiers… Ou bien as-tu déjà tenté cette expérience gastronomique (d’avenir, en tous les cas pour les vers et sauterelles de toutes sortes) ?

    • La photo a été prise dans la Cité Interdite. J’étais de l’autre côté du même pavillon! Si elle a été interdite, la cité, ce n’est vraiment pus le cas, je peux te l’assurer!!!
      Pour ce qui est des scorpions et autres insectes, je t’avoue que je n’ai pas encore franchi le pas! Trop de bons raviolis et autres délices avant que je m’y mette même si je sais que c’est ce qui nous attend éventuellement.

  2. De l’audace !

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