Jianshui

Le trajet entre Kunming et Jianshui dure plus de trois heures pour franchir à peine 200 kilomètres, ce qui me fait dire qu’autant les trains rapides sont rapides, autant les autres sont…lents! Mais il faut préciser à sa décharge qu’il grimpe doucement dans les montagnes et nous laisse le temps de les admirer avec toutes les rizières qui les façonnent. Cette ligne de chemin de fer qui relie Kunming à la frontière vietnamienne a été rétablie il y a peu de temps, Construite par les Français au début du XXe siècle, on dit que plus de 20000 Chinois sont morts pendant les travaux de terrassement et les nombreux tunnels. Elle a ensuite été démantelée pendant la guerre sino-japonaise. Aujourd’hui, il faut encore 17 heures pour aller de Kunming à la frontière, ce que j’ai fait en deux étapes. Chose amusante, lorsqu’on arrive à Hekou, la ville à la frontière chinoise, il faut descendre du train, passer la frontière à pied et reprendre le train à Lao Cai, la ville vietnamienne de l’autre côté.
Jianshui est une autre très belle ville ancienne de Chine du sud du Yunnan. Autant de raisons pour en faire une étape de mon voyage.
C’est une petite ville, mais qui n’en recèle pas moins des trésors, notamment le temple de Confucius, le deuxième plus grand de Chine, la résidence de la famille Zhu, riches négociants du XVIIIe siècle. L’ancien quartier subsiste encore malgré les nombreuses rénovations en cours en ce moment. Comme partout ailleurs, on est en train de raser ces quartiers pour reconstruire du vieux avec du neuf. C’est la façon chinoise de rénover. Mais la ville reste encore authentique, loin du tourisme de masse avec son marché local ou j’ai photographié la carcasse de chien, ses petites rues provinciales et le côté méridional de ses habitants qui prennent le temps de vivre. Ils sont d’ailleurs formidablement accueillants. C’est probablement la ville chinoise ou j’ai fait les plus belles rencontres avec Beijing. Il m’est arrivé par exemple, d’arriver dans une gargote à la fermeture, et toute la famille était à table. Ils m’ont invité à partager le repas avec eux. Il y avait là les deux parents, leur fils et les quatre grand-parents qui travaillent tous au restaurant. Ils ont tenu à ce que je goûte à tout ce qui était sur la table. J’ai reconnu le lendemain au marché, les grosses larves vivantes qui étaient la veille frites et excellentes. Il faut dire que le père et les grands-pères m’ont généreusement servi de l’alcool de maïs pour faire kempaï. Je suis ressorti de la ruelle en titubant…
Il faut aussi dire qu’il y a une très belle spécialité ici, c’est le tofu grillé. Partout, on trouve des restaurants de rue qui en proposent. Ils sont installés sur le trottoir. Il y a là une grande table basse, d’un côté de la table, le ou la propriétaire du lieu est assis devant un petit grill posé sur la table et qui pourrait ressembler à un wok avec une grille dessus. On s’assoit autour de la table, sans-façon avec les autres convives. On se sert du tofu au fur et à mesure qu’il est prêt et on le trempe dans des sauces aussi épicées que goûteuses. Le tout est accompagné de riz et de légumes toujours frais et croquants. Très bon et convivial à la fois.
J’ai fait une autre très belle rencontre dans l’un de ces restaurants où il y avait un groupe d’amis qui fêtaient un anniversaire. Ils étaient assis à une grande table et venaient régulièrement à la table du tofu pour en manger quelques morceaux. Comme tous les Chinois que j’ai rencontrés et plus particulièrement ici, ils aiment faire connaissance avec les Occidentaux et n’hésitent pas à engager la conversation si peu qu’on leur sourit. J’ai donc rapidement fait connaissance avec toute la gang (ils étaient une vingtaine), on m’a offert du tofu, de la bière puis de l’alcool de riz. Chacun venait faire kempaï avec selfie à l’appui. Bref, à la fermeture du resto on était rendus potes. Ils m’ont invité à les accompagner au Karaoke, une expérience tout à fait intéressante par ailleurs! Je raconterai les détails en privé, des fois que la censure tombe dessus….
À Jianshui, j’ai aussi loué un vélo pour me rendre dans le très joli village de Tuanshan et une fois de plus mon sens de l’orientation m’a joué des tours. J’ai donc parcouru les campagnes environnantes de long en large, l’occasion pour moi de voir la Chine rurale, loin des clichés et des images de carte postale, mais combien intéressante.

Jienshui

2 commentaires :

  1. tu nous fais languir avec ta soirée karaoké!!
    autrement photos toujours aussi belles et surprenantes (sauf celles qui ont buggées comme les larves, dommage!)

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