Le quartier est composé de ruelles plus ou moins étroites et qui font penser aux hutongs de Pékin. C’est assez étonnant de voir des Chinois musulmans, j’allais dire »déguisés » en musulmans. En fait, cela date de l’époque des échanges commerciaux avec les Arabes sur la route de la soie. Mais se promener dans ce dédale de rues est un vrai plaisir gustatif! C’est un joyeux mélange de cuisines chinoise et arabe qui enchante le palais et les yeux. Entre marché chinois et souk, les étalages de nourritures de toutes sortes se déploient partout. Restaurants aux spécialités du Ganzu, pâtisseries orientales, épices de toutes sortes, boucheries halal, étals de grenades se succèdent dans une variété de couleurs et d’odeurs infinies. Un vrai paradis rabelaisien. J’en fais mon quartier général pendant les cinq jours que je passerai à Xi’an.
À proximité de Xi’an, il y a bien sûr la fameuse armée en terre cuite. Site incontournable, il est saisissant par l’ampleur de cette armée enterrée: plus de 8000 soldats et chevaux, tous différents et de taille naturelle. Ils se déploient dans 3 fosses différentes, dont la première est immense et contient à elle seule 6000 d’entre eux.
Le mont Huashan, montagne sacrée des taoïstes, est un superbe massif de cinq pics qui se déploient à plus de 2000 mètres d’altitude. C’est aussi la randonnée la plus dangereuse selon les guides spécialisés. Il faut dire que les sentiers et les marches qui permettent d’y accéder, côtoient des à-pics vertigineux. Parti tôt le matin de Xi’an, j’ai décidé de faire la randonnée à partir du village et non pas en prenant le téléphérique qui permet d’accéder directement à la base des pics. Le chemin commence par traverser un temple taoïste avant de grimper doucement dans une gorge étroite. Mais il ne tarde pas à devenir très raide. Il me faudra plus de 4 heures pour arriver au premier sommet en prenant des milliers de marches taillées dans la roche. Ces escaliers sont parfois si raides qu’ils sont presque à la verticale. Parfois, ils serpentent le long des parois de granit et il faut se retenir à une chaîne pour garder l’équilibre. Décor spectaculaire et magnifique, le tout est parsemé de petits temples accrochés on ne sait comment aux falaises . Cette montagne est l’une des cinq montagnes sacrées de Chine et on dit que l’immortalité est au bout du chemin qui mène à son sommet. Pourtant, après quatre heures de marches dans ces escaliers, mes genoux grincent et semblent vouloir se gripper à tout instant. Cette randonnée reste toute foi l’une des plus belles que j’ai pu faire. Un mélange de beauté sauvage et de temples dont les Chinois ont le secret. La difficulté de l’ascension et le recueillement qu’inspirent ces lieux sacrés et vénérés depuis des lustres donnent à l’effort une connotation toute particulière, loin de l’exploit sportif habituel.
