Après Shanghai, je suis parti pour Guilin, en train évidemment. Je ne vous l’ai pas encore dit mais les trains chinois sont à l’heure eux…Par contre, ils sont très utilisés, il faut donc acheter les billets à l’avance, ce que je ne fais pas toujours. Les trains rapides étant complets, j’ai dû me rabattre sur un train de classe K, pas cher mais un tortillard qui a mis un temps fou pour faire les quelques 1500 km. J’ai eu le temps de voir les paysages!
Guilin est dans la province du Guangxi, au sud-ouest de Shanghai. Elle est considérée comme l’une des plus belles villes de Chine malgré ce que peut en dire le guide préféré des voyageurs solitaires sur la planète. Elle est au confluent de deux rivières qui forment des îles et elle est entourée de collines karstiques qui surgissent du sol comme des pics à glace. Ajoutez à çela un climat chaud et sec et vous êtes dans une ville très accueillante.
Aux alentours, une foule de choses intéressantes à voir et à faire. Tout d’abord, les rizières de Longsheng qui portent le joli nom de rizières du dos du dragon. Elles sont à quelques heures d’autobus au nord de Guilin. Lorsque j’y suis allé, c’était la pleine récolte. À certains endroits, les paysans étaient en train de couper les gerbes et les déposer en rang, plus loin, ils étaient en train de battre les gerbes avec une petite batteuse à moteur transporté à dos d’homme, j’en ai vu aussi le faire à la main. Plus tard, ils brûlent la paille qui reste. Ce n’est donc pas le meilleur moment pour faire de belles photos genre National Geographic. Il semble que le mieux soit juste avant la récolte lorsque les rizières sont d’un jaune éclatant ou plus tard en hiver lorsqu’elles sont inondées, mais c’était très intéressant de voir toute l’activité qui régnait. Et je ne vous parle pas des sacs de riz descendus à dos d’homme ou plus rarement sur un cheval de bât. Les villages sont habités par la minorité Yao qui fait entre autres un très bon vin de riz. Hic!
Le seul bémol, et il est tout aussi vrai un peu partout, c’est que les autorités chinoises ont pris l’industrie touristique en main. Et là, je ne vous dis pas le travail, ou plutôt oui, je ne vais rien vous cacher. C’est un peu le cirque! Ils ont bouclé tous les accès aux vallées, construit des autoroutes, des stationnements, des boutiques de souvenir et ils font venir des dizaines de bus de touristes chinois armés de leurs appareils photo, leur bâton à selfie et leurs valises Delsey.
Il y a deux vallées et la première est encore relativement épargnée. On peut aller de l’une à l’autre en suivant les sentiers à travers les rizières à flanc de montagne, la balade est magnifique. Comme j’avais passé la nuit dans un village, je suis parti tôt le matin pour me rendre dans la deuxième. Et comme mon sens de l’orientation n’est pas formidablement développé, j’ai demandé mon chemin à un couple qui sortait du village. Il se trouve qu’ils allaient aussi dans l’autre vallée avec leur fille qui se rendait à l’école. Il nous a fallu plus d’une heure et demie pour s’y rendre, autant dire que la petite fille avait fait son exercice matinal!
Cette deuxième vallée est aussi l’entrée principale du site et c’est un vrai massacre, ils sont en train de construire des hôtels en béton partout, ils détruisent une partie des rizières pour faire passer des routes, arrachent la moitié des montagnes pour passer au-dessus…Bref, C,est assez déprimant.
Au sud de Guilin, la rivière Li serpente entre les monts karstiques très escarpés qui donnent au paysage un air surnaturel. Je suis allé jusqu’à Yangshuo en autobus d’où j’ai suivi la rivière en vélo en passant dans des villages et des vergers magnifiques. J’ai embarqué sur un radeau de bambou avec le vélo et fait une partie du trajet sur la rivière au milieu de ces montagnes si particulières. Bref, une très belle étape.
